Cercles, Bolges, Girons, Donjons.

« Les Luxurieux » Francesca et Paolo 46×38 – Chant V – 2ème Cercle.%22Les Luxurieux%22 ChantV 2ème Cercle 46x38

« Les Gourmands » Cerbère 60×73 – Chant VI – 3ème Cercle.Cerbère 60x73 Chant VI 3° Cercle

« Avares et Prodigues » 80×160 – Chant VII – 4 ème Cercle.Avares et Prodigues Chant VII

« Les Coléreux dans les eaux du Styx » 50×50 – Chant VII – 5 ème Cercle.
Les violents Dante

« Coléreux et Mélancoliques » Phlégyas et la traversée du Styx 114×146 – Chant VIII – 5 ème Cercle.
Phlégyas et le Styx (1)114x146

« Les Hérésiaques, Athées, Esprits forts » 60×60 – Chant X – 6 ème Cercle.
Les hérésiarques athées esprits forts Chant X 6° Cercle 60x60

« Violents contre leur prochain » 130×195 – Chant XII – 7 ème Cercle – 1er Donjon.
Phlégeton et les centaures 130x195

« Les violents contre eux-mêmes » 50×61 – Chant XIII – 7 ème cercle – 2ème Donjon.
Les violents contre eux mêmes Chant XIII 7° Cercle 2ème Donjon 50x61

« Violents contre Dieu, violents contre la Nature » 60×60 – Chants XIV et Chant XV – 7 ème Cercle – 2 ème et 3ème Giron.
Les violents contre nature Chant XVI 7° Cercle 3ème donjon 60x60

« Les Fraudeurs » Séducteurs et ruffians 40×80 – Chant XVIII – 8 ème Cercle – 1er Bolge.
Séducteurs et ruffians Chant XVIII 8ème Cercle 1er Bolge 40x80

« Les Fraudeurs » Adulateurs 40×80 -Chant XVIII – 8ème Cercle – 2ème Bolge.
Chant XVIII huitième Cercle deuxième vallée %22Les Flatteurs%22

« Les Simoniaques » 70×50 – Chant XIX – 8ème Cercle – 3ème Bolge.
Les SimoniaquesChant XIX 8) Cercle 3ème vallée 50x70

« Les Prévaricateurs » Le lac de Poix 58×58 – Chant XXI – 8ème Cercle – 5ème Bolge.
Les Prévaricateurs58x58 Chant XXI 8° C

« Les Prévaricateurs » Le Damné de Lucques 48×41 – Chant XXI – 8ème cercle – 5ème Bolge.
DSC06057

« Le cortège des Hypocrites »50×61 – Chant XXIII – 8ème Cercle – 6ème Bolge.
Cortège des Hypocrites50x61 Dante Enfer

« Les voleurs des choses de Dieu » 58×58 – Chant XXIV – 8ème Cercle – 7ème Bolge.
Les voleurs 58x58 Chant XXIV 8ème Cercle 7ème bolge

Chant XXIV Les voleurs des choses de Dieu études

« Les Voleurs métamorphosés en serpent » Blasphèmes de Vanni Fucci
Etudes 21×29’5 – Chant XXV – 8ème Cercle – 7ème Bolge.
Chant XXV Pages d'études 21x29,5 f2011

« Métamorphose d’Agnel » Etudes 21×29,5 – Chant XXV – 8ème Cercle – 7ème Bolge.
Chant XXV  Blasphèmes

« Les conseillers perfides » Ulysse et Diomède 60×92 – Chant XXVI – 8ème Cercle – 8ème Bolge.
Ulysse et Diomède 60x92 Chant XVII 8° C 8° vallée

« Les fauteurs de shismes » Hélas! 35×35 – Chant XXVIII – 8ème Cercle – 9ème Bolge.
%22Oh Moi%22 35x35 ChantXXVIII 8° C

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Le portrait de Jan Wildens attribué à Anton Van Dyck

L’observation scrupuleuse du portrait du peintre paysagiste Jan Wildens me fait apparaître toute la profondeur psychologique de ce peintre du dix-septième siècle. Afin de simplifier la lecture du tableau, je me suis servi d’un fichier informatique en noir et blanc. Les textures de la peinture sont alors rendues plus lisibles.

Portrait de Jan Wildens copie

La grande maîtrise de ce portrait de l’atelier de Rubens est due au contraste de la facture baroque du visage et de la prouesse d’exécution de la collerette.

En observant de plus près la peinture, notre regard est instinctivement attiré par le détail de la dentelle de très grande qualité plastique disposée entre le visage et le discret col de fourrure. La maîtrise gestuelle exprimée par la tache en épaisseur est plus le résultat d’un objet ressenti que d’une observation descriptive. La collerette en dentelle empesée est traduite par une technique du geste spontané, libéré du lien anecdotique. L’objet transformé est ainsi rendu plus perceptible. Une approche nouvelle s’ouvre alors au-delà du visible.

Tout l’art poétique du peintre consiste à révéler au spectateur les moyens plastiques réinventant le réel et permettant de pénétrer les sentiments du modèle et du peintre.

Son geste spontané porte en lui la sensibilité du peintre qui reconstitue cet objet, lui conservant ainsi ses états émotionnels de réalité, vérité, solidité, force, souplesse, légèreté. Une nouvelle forme plastique naît de ce geste rapide. Cette alchimie de transfiguration est d’autant plus convaincante pour l’artiste vivant intensément cette expérience de création qu’elle l’est pour le spectateur percevant une réalité différente, lui suggérant un autre chemin de lecture.

Imprégné de la présence plastique bienfaisante de la collerette, je promène mon regard sur l’ensemble du visage. Le portrait devient « autre ». Les yeux de Jan Wildens me livrent ses pensées. Je découvre une nuance subtile dans l’iris de l’oeil droit. Une valeur plus sombre que celle de l’autre œil atténuée dans l’ombre du nez donne à cet œil une présence inévitable. Ce point sur lequel je concentre mon regard me livre spontanément tout l’état psychologique du modèle.

Une toute autre vision s’offre à moi. Je découvre toute la profondeur méditative de Jan Wildens à travers son regard dirigé vers l’homme qui le peint. Elle me révèle son admiration bienveillante, son caractère doux et tranquille, sa grande amitié pour le jeune peintre et une profonde nostalgie.

Saül et David

Devant la toile de Rembrandt, « David jouant de la harpe devant Saül », on peut éprouver de tels sentiments. Ceux du vieil homme qui pleure, écoutant la divine harmonie des sons de la harpe de David qui s’élèvent dans le fond sombre du tableau. Les mêmes accents affectueux, le même dialogue silencieux se retrouvent ici, reliant le jeune musicien et le vieillard. Chez Rembrandt, la musique monte dans l’immensité du noir au-dessus de David, guidée par la forme parabolique de la harpe. Dans le portrait de Jan Wildens, point de dispersion, notre regard se fixe irrémédiablement vers le point noir de la pupille et concentre notre méditation.

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Chroniques oussonnoises

Hubert Dussoulier ousson ?

Monsieur Hubert Dussoulier, menuisier

Quelques histoires oussonnoises

Les anciens d’Ousson, quand la télévision n’existait pas encore, passaient souvent leurs soirées à se rendre visite. En tant que vignerons leur lieu de réunion était tout choisi. A cette époque fraternelle, la cave devenait l’endroit des confidences où tout pouvait se raconter. Il y avait bien trois bistrots qui réunissaient les joyeux convives mais c’était surtout sous leur maison que s’élaboraient les causeries qui plus tard seraient contées dans ces petits établissements dotés de billard et de tables consacrées au jeu de belote.

Ainsi le soir, après le rude travail des champs et de la vigne, la cave la plus accueillante devenait une source poétique du moindre fait divers vécu. «é  ch’tit verre éd’ blanc » devenait la potion magique qui libérait les langues. J’ai bien connu dans ma jeunesse quelques réunions mais « parigot » , je ne ressentais pas cette convivialité « cavernale ». Quand plus tard j’habitais une maison rue de la Loire près du p’tit Maurice, j’eus souvent l’occasion de descendre dans sa cave et partager un p’tit canon. J’ai découvert dans ces formes de relation une sagesse sociale et des conversations mêlées du quotidien et de réflexions pleines de bons sens et d’humour.

J’étais toujours à l’écoute notant les bons mots souvent atrophiés dont je riais au sortir de la pénombre.

C’est l’ancien menuisier d’Ousson, fils du charron, Hubert Dussoulier qui ne manque pas de verve et possède un accent du terroir appréciable qui m’a raconté ces petites histoires des gens du pays. L’humour bien particulier et typique de la région du Haut Berry ne froissait jamais les personnages mis en cause qui tous possédaient un sobriquet évoquant leurs attitudes caricaturales,  actions, litanies, bons mots, événements ou faits de guerre. Chacun portait son tribut institué par la collectivité , avec plus ou moins de tolérance. Ces sobriquets se transmettaient de génération en génération, situant l’ensemble et le caractère plus ou moins reconnaissable d’une famille. Ils permettaient de différencier  un groupe familial, des homonymes du village.

J’ai moi- même bénéficié d’un surnom qui m’avait été donné par Monsieur Gateau dit « La Galette » qui habitait la Poncette. Il ne manquait jamais de me le rappeler à chaque rencontre quand je partais travailler au motif. Judicieusement et sans hésitation, il avait cerné un trait de mon caractère qu’il  traduisit  par  « La Coquille ». Bien entendu, c’est peut être à celle de Saint Jacques qu’il faisait référence. Je ne pus m’empêcher de penser que cette appellation tombait juste et s’adaptait parfaitement. Dévoilé, je me gardais de répéter ce pseudonyme que cependant j’appréciais par sa pertinence.

Je consacrerai un peu plus tard, dans les chroniques Oussonnoises une partie sur la vie du village autrefois, illustrée par les premiers clichés photographiques des fêtes , coutumes et des différents sobriquets.

Aujourd’hui, je relaterai de petites histoires que j’ai entendues dans l’atelier de menuiserie d’Hubert. Sa mémoire étonnante et l’amitié partagée de longues années m’ont incité à publier ces  belles anecdotes et les histoires qui se colportaient sur certains bons mots et histoires oussonnoises.

Devant le café français au début du siècle dernier Devant le café français au début du siècle dernier 
 

L’histoére des rats

Un jour Monsieur Pechery dit Bicioune remontant de sa cave, entreprit sa femme Zoé sur sa grousse bonbonne de goutte qui  venait d être distillée à l’alambic et qui ne devait pas être bouchée.

– Dis donc Zoé, c’est y pas toi qui boé ma goutte? Il en manque

dans la bonbonne.

– Tu sais ben qu’j’en boés pas.

– En tout cas ma bonbonne és’vide.  J’saurai ben qui qui la boét, j’vas guetter.

Quelques jours plus tard remontant de la cave essoufflé, il dit à Zoé ….

– Eh ben ça y’ est, j’sais qui qui boét ma goutte. Tu veux l’savoér ?   – — Eh ben c’est les rats !!!

– Tu te fous pas un peu de moé ?

– Eh  ben, j’te l’dis… y’en avait un qu’était monté l’ long du goulot et qui trempait sa queue dans la bonbonne…. Et pis les autres, à tour de rôle i yu sucaint la queue….

L’histoére de Fortune le maçon

Valentin, dit Tintin parle un jour à sa femme Clémence de faire venir le pé Fortune pour lui demander de faire un mur.

– Ah ben non, tu vas pas l’faire venir dans la maison, y crache pal’tout.    L’pé Fortune était un gros fumeur de pipe.

– J’vas lui demander ed passer dimanche après la messe.

Dans la s’maine rencontrant l’pé fortune, Tintin lui d’mande dé v’nir chez lui pour lui montrer l’travail.

Dimanche, comme convenu Fortune se rend chez Tintin. Clémence lui ouvre la porte et lui tend une chaise.

Marci bin ! Il s’assoét dans un coin de la cuisine sans quitter sa pipe. Au bout d’un p’tit moment, c’qui devait arriver arrive, mon Fortune, i’ crache par terre !

Clémence qui voét ça, arrive avec une bassine qu’elle place à sou couté. Mon Fortune voyant c’te bassine crache de l’out’couté .

Alors Clémence prend la bassine et la change de place.

Fortune voyant la bassine déplacée avertit Clémence : T’entends ben Clémence, si tu me r’mets c’te bassine à mou couté, eh ben j’crache dédans…..

 

L’histoére des trois coqs.

Dans le haut du pays y ‘avaient des poulaillers. Y’avaient des coqs qui chantaient. L’premier, chez Gaston Loiseau dit l’moéniau, l’coq y chantait tous les matins et y disait:

– « Cheu nous y’a d’l’argent »

Celui d’chez Dominique Loiseau un voisin, y répondait :

– « Cheu nous y’en a ben autant »

Chez Péchery dit Bicioune l’coq y répondait :

– « Cheu nous, tout est ripé ».

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Une fête de Saint Vincent à Ousson sur Loire

L’histoére de Défunt Adrien.

Au moment de la guerre de 40, Monsieur Imbault dit Bourbaki avait rencontré l’maire Monsieur Deleau ; comme celui- ci demandait s’il avait des nouvelles de son fils Adrien à la guerre, monsieur Imbault lui répondit :

– « Ahh mon pouv’ vieux, on n’a pas d’nouvellle.. ..Il est sans doute ben mort… »

Cette réponse valut à Adrien prisonnier qui revint plus tard le sobriquet de «  Défunt Adrien ».

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Recettes Oussonnoises 

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Les quais à Ousson

Bourdage d'accostement à Ousson 1999

Bourdage d’accostement à Ousson mai 1999
 
débarcadère à Ousson mai 99Débarcadère à Ousson mai 1999
 
Matin à Ousson 2 Ph J. Ousson
 Matin à Ousson
 
Soir d'été à Ousson
 
Soirée d’été à Ousson
 
le garogarou 1999
La Garogarou à Ousson 1999
 
 

L’histoire de La Loire ne peut être contée sans parler des bateaux qui la parcoururent à la « descente » et à la « remonte ». Depuis une vingtaine d’années dans la Basse Loire plusieurs passionnés de la navigation fluviale ont fait revivre l’épopée de ses mariniers. Ils ont reconstruit  tous les différents types de bateaux  disparus depuis plus d’un siècle.

Je voudrais citer quelques noms : Jacques Robin dit « Vent de Travers » de Saumur et sa Pascale Carole ;  François Ayrault « Double Quintal »  de Saint Germain sur Vienne et le Fleur de Pontille; Alain Lacroix « Sac d’Os » de Tours et son Barraquai… Je ne puis citer tous les autres si nombreux, tous de bons amis dans le partage  et l’amitié du grand fleuve.

Durant plus de dix ans, j’ai eu le bonheur de parcourir le fleuve avec ces mariniers d’un autre temps.  J’ai retrouvé avec ces bons compagnons les mêmes émotions de jeunesse quand dans mon enfance, avec mes frères, je descendais le fleuve de Nevers à Beaugency  sur un grand canot plastique. J’ai participé aux différentes fêtes de Loire, de Saumur à Decize avec le Garogarou, remontant la marche escarpée du pont de la Charité sur Loire, évitant le barrage de Saint Florent en empruntant l’échelle à poissons et tous les obstacles de la rivière. J’ai appris modestement les rudiments du métier de marinier. Avec Alain, une nuit,  naviguant à la voile entre Cosne et Sancerre sur son accéléré, le Barraquai, j’ai découvert le véritable visage du fleuve et son charme indéfinissable comme on peut le ressentir dans « Le bateau ivre » de Rimbaud…remontant le long des berges mystérieuses.

La Loire transforme nos émotions du cœur, les rivages s’estompent et l’Autre Côté paraît…

Le ponton à OussonLe ponton à Ousson
 
 
7 Le Tigebouillard à oussonLe Tigebouillard à Ousson
 
 
Fêtes de BriareFêtes de marine à Briare 1993
 
Toues et futreaux au matin 40x62Toues et Futreaux. Pastel Jacques Ousson
 
 
10 %22Le Garogarou%22 petit vent -Ph.J. OussonLe Garogarou sous petit vent de remonte
 
 
Bateaux à briare sous voilesFêtes de marine de Briare 1993
 
 
Jacques oussonJacques Ousson 1995
 
 
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Les levées à Ousson sur Loire

Toueur à vapeur %22Le Progrès¨1895 - copieIl faut savoir que cette rivière a toujours été un axe de communication au centre de la France facilitant, les idées, les transports, le commerce, les déplacements d’est en ouest vers l’Atlantique et vers l’est.  La Seine avec les sinuosités de son cours n’offrait pas une circulation facile vers Paris et la remonte s’effectuait par halage. Mais sur la Loire,  les vents d’ouest permettaient la navigation à voile et la remonte jusqu’à Orléans.

Depuis les anciens temps de nos ancêtres naviguant dans les pirogues monoxyles , les bateaux se sont améliorés facilitant le transport des matériaux,  pierres,  ardoises et bois qui serviront à la construction des châteaux de la basse Loire . Le fer du Morvan et les ancres fondues aux forges de Cosne étaient transportés à Nantes. Les vins de Bourgogne, fruits, poteries approvisionnaient les villes riveraines.  Toutes les pacotilles des rivages ligériens  servaient d’échanges dans le trafic triangulaire. Les denrées coloniales : sucre, épices, cacao arrivaient à Nantes et remontaient la Loire sur les chalands.

Le roi Henri IV et son ministre Sully ont vite compris le rôle majeur de ce fleuve: relier le sud de la France à Paris via le Rhône, la Loire et le canal de Briare ainsi que le  port de Nantes à Briare. Dès 1604, la décision est prise de construire un canal, de Briare à Paris,  alimenté par la Trézée et le Loing. Il sera mis en service en 1642.

La Loire n’est pas un fleuve navigable toute l’année. Durant l’étiage d’été, les sables étaient un obstacle considérable . Le premier projet fut la construction des grandes levées et des turcies au cours du 15 ème, 16 ème et 17ème siècle afin de canaliser les eaux de la basse Loire et faciliter le transport des marchandises et matériaux  destinés aux constructions  des grandes demeures ligériennes de Gien à Angers. Ce premier projet de rétrécissement du lit du fleuve pour de plus grands bateaux contribua à la construction du canal Henri IV de Briare à Paris. Il fut élaboré pour recueillir toutes les marchandises des chalands  » remontants  » de Nantes chargés de denrées coloniales et celles des chalands  » descendants » venant du sud de la France par le Rhône et la Loire.

Briare devint un port important de France entre 1642 et 1693. Les vents d’ouest dominant  facilitaient le trafic entre Nantes et Orléans. Par contre, l’orientation du fleuve nord-ouest sud-est et les vents de galarne rares dans l’année obligeaient les chalands de remonte au halage.  Le Duc d’Orléans  fit construire le canal d’Orléans, mis en service en 1693. Ce Canal réduisait le voyage de remonte vers Paris. Il fut un grand succès dont Briare privée de bateaux remontants pâtira durant 145 années. Il ne lui restait que les bateaux descendants de la haute Loire.

Cette partie supérieure de la Loire  demeurait très peu praticable et difficilement navigable l’été. Le canal du Centre qui rejoint Châlon sur Saône à Digoin fut terminé en 1793. En 1806, Napoléon 1er prit l’initiative de la construction d’un canal latéral à la Loire de Digoin à Briare. Les travaux  dureront de 1822 à 1838.

En 1833, les écluses de Mantelot et des Combles donnent lieu à l’édification de multiples infrastructures en amont de Mantelot et des Combles:

  1. Dans le lit du fleuve à partir d’Ousson, aménagement d’un système de levées submersibles adoptant la forme sinusoïdale de déplacement des eaux entre deux rives . Ces levées étaient destinées à assurer durant l’étiage , la mise en eau d’un chenal de 1020 mètres entre les deux écluses  . Il permettait par sa profondeur aux bateaux du canal de traverser d’une rive à l’autre toute l’année ainsi que le passage des chalands de Loire descendants et même d’un  inexplosible en 1840 qui assurait une liaison Orléans-Nevers : deux jours pour la remonte et une journée pour la descente. Neuvy était le port d’escale  de la remonte.
  2. Construction du pont de Châtillon. Le lit majeur encaissé entre les côtes d’Ousson et les abrupts de Châtillon fut donc réduit par l’aménagement des grandes levées insubmersibles destinées à renforcer les rives  et limiter le lit majeur à environ 350 mètres (Longueur du pont de Châtillon à péage).


3.  Projet d’une écluse à Ousson sur Loire. Dans le projet du passage en Loire entre le canal latéral rive gauche et le canal rejoignant les Combles à Briare, il était prévu une troisième écluse à Ousson. Le canal de Briare, aux Combles, devait être prolongé jusqu’à Ousson dans le val au bas des côtes de la route de Briare et une écluse devait être construite au lieu-dit « Le Chemin Neu » , aboutissement de la levée insubmersible. Il était prévu une gare d’eau près des Combles dans le val d’Ousson. Ce dispositif devait permettre aux bateaux de rentrer plus facilement dans les écluses par leurs ouvertures orientées vers l’aval du fleuve. Ce circuit Briare-Ousson-Mantelot aurait supprimé l’encombrement du Chenal entre les Combles et Mantelot des bateaux montants et descendants(3 à 6 heures pour la remonte et 2 à 4 heures pour la descente). L’administration abandonna ce projet trop coûteux.

Lors des crues, sur les levées submersibles en face Ousson, deux balises marquaient le passage pour les bateaux descendants et remontants. Vers 1960, on pouvait encore voir les restes de la balise aval. Aujourd’hui, la levée d’Ousson a été consolidée au détriment de la végétation qui était à son apogée.  Au début du vingtième siècle , peupliers et saules ont poussé sur la levée. Derrière la levée, une île s’est formée qui nous invite à aller de l’autre côté…

Chant de mariniers de Loire

Chaland à Candes Saint Martin 1895

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La Loire aux trois lunes


Loire aux trois lunes – huile sur toile -114×145 – 2005

J’ai travaillé sur cette peinture durant l’année 2005.Le thème était un grand paysage de nuit qui me changerait des petits formats habituels sur ce sujet.

La composition s’est élaborée en déplaçant les masses verticales des arbres par rapport aux éclairages évoquant la nuit et les lignes de constructions horizontales qui figurent les levées de Loire maintes fois observées près de Mantelot au bord du chenal. Une première lune très lumineuse et son reflet se mirent en place, dessinant une verticalité et formant ainsi un carré (compositionnel en fonction du nombre d’or).

Le tableau devenant très solide sur sa partie gauche me semblait déséquilibré à droite. Je tentais de changer la position de la lune sans évidemment effacer la première.  Cette modification provoqua une symétrie ennuyeuse malgré la position de la nouvelle lune un peu plus haute. J’obtenais encore une ligne verticale dessinant un nouveau carré en correspondance avec le précédent. Cette symétrie détruisait l’atmosphère de la nuit.

Toujours dans le même esprit poétique de la composition, je tentais un troisième essai en me gardant bien de toucher aux deux lunes précédentes. Comment introduire une discordance qui pouvait faire oublier la monotonie causée par la symétrie? Je trouvais une position décalée, plus haute que la première lune, dans le prolongement de la verticalité d’un arbre. Je variais la tonalité de la lueur en la voilant d’un nuage.

Le résultat fut immédiat : l’unité du tableau était obtenue ainsi que l’émotion évocatrice de la paix nocturne.

Chaque tableau possède une harmonie liée au sujet et à sa composition. Piet Mondrian durant sa période figurative a longuement médité sur ce problème.  Il s’était aperçu que toute diagonale dans ses paysages nocturnes hollandais introduisait une note tragique qui brisait cette harmonie. Dans ses écrits : «Réalité naturelle et réalité abstraite» il témoigne à travers trois personnages de ses préoccupations plastiques et spirituelles : dans la deuxième scène, le peintre abstrait-réaliste Z parle ainsi :

« Nous ne devons pas regarder par delà la nature, nous devons plutôt voir à travers elle: nous devons voir plus profondément, notre vision doit être abstraite, universelle. Alors l’extériorité devient pour nous ce qu’elle est effectivement : le miroir de la vérité. Pour atteindre cela il est nécessaire que nous nous libérions de l’attachement à l’extérieur, car alors seulement nous surmontons le tragique et pouvons contempler consciemment, en toute chose, le repos ».

Le peintre naturaliste X répond :

  • X       « Donc aussi dans le grimaçant ?
  • Z        « Aussi dans le grimaçant, mais non plus pour le représenter dans l’art: nous n’exprimons alors que les rapports d’équilibre ».
  • Y (L’amateur de peinture)  « mais que signifie alors notre position personnelle vis-à-vis de la nature toujours capricieuse et que signifie le tragique de cette dualité ?»
  • Z        «  Par la vision plus profonde le tragique cosmique n’est, il est vrai ,pas supprimé, mais en considérant l’homme comme un organe de la nature nous pouvons dire que l’allégement du tragique dans chaque individu en soi et dans tous les hommes ensemble est le commencement de cette suppression »
  • Y        « Ainsi il faut croire que la nature, malgré ses aspects toujours changeants, nous conduit quand même, à la fin, vers une vision plus profonde ? »
  • Z         « Oui, c’est la nature,ce sont les choses les plus extérieures qui nous mènent à la conscience de notre être, c’est à dire aux choses les plus intérieures. Et il en est de même dans l’art : ce n’est pas la sensibilité ou la pensée individuelle de l’homme, mais c’est justement la nature qui conduisit la peinture vers une plastique purifiée , vers une expression esthétique plus fixe. Elle nous mène à la contemplation, à l’exaltation de l’universel et, en quelque sorte à un devenir objectif. Tout sentiment, toute pensée individuelle, toute volonté purement humaine, tout désir particulier, toute espèce d’attachement en un mot, conduisent à la représentation du tragique et rendent impossible la pure plastique de la paix ».

Pietr Mondrian chercha tout au long  de sa vie les éléments graphiques et colorés, les simplifiant, les modelant pour  atteindre la pureté de l’émotion plastique vécue et ressentie. Sa quête de perfection spirituelle fut la même que celle des premiers peintres des icônes .

 Moulin sur le Gein au clair de lune –  huile sur toile – 99,5×125,5 -1907


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Au bord de l’Achéron – Les âmes tièdes

Aujourd’hui Je voudrais vous montrer quelques photos des détails du tableau qui illustrent la première page du blog. Cette peinture montre le Vestibule de l’Enfer au Bord de l’Achéron.

Divine Comédie – Chant III – Au bord de l’Achéron   50cm x 150cm   décembre 2010

Dante et Virgile viennent de passer les Portes de l’Enfer. Ils découvrent « des foules douloureuses pour qui il n’est plus de félicité ». Pleurs, soupirs, gémissements et cris de désespoir résonnaient dans l’air sans étoiles ». Une foule si innombrable moissonnée par la mort se pressait derrière une bannière. Ces malheureux, nus, étaient assaillis par des guêpes et des taons. Les pleurs et le sang de leurs blessures mélangés abreuvaient les vers rampants à leurs pieds.

Au bord de l’Achéron (détail gauche)

Dans ce troisième Chant, pour leurs châtiments, le poète place ces âmes tièdes, égoïstes et paresseuses qui vécurent sans vertus et sans vices dans le vestibule de l’Enfer. Dans cette attente infinie, elles ne seront jamais reçues ni au Paradis, ni en Enfer. J’ai voulu retrouver dans cette multitude, les foules incohérentes des manifestations humaines. Dans ce grand paysage allongé sombre, j’ai placé des taches dans lesquelles les personnages se confondent dans une cohue  indescriptible. Chaque fois qu’un visage apparaissait  trop descriptif, je détruisais cette image la forçant à s’incorporer à l’unité du paysage sous une forme moins souhaitée, moins consciente.
La poètique de la scène se scellait à l’unité plastique de la peinture.


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