Au bord de l’Achéron – Les âmes tièdes

Aujourd’hui Je voudrais vous montrer quelques photos des détails du tableau qui illustrent la première page du blog. Cette peinture montre le Vestibule de l’Enfer au Bord de l’Achéron.

Divine Comédie – Chant III – Au bord de l’Achéron   50cm x 150cm   décembre 2010

Dante et Virgile viennent de passer les Portes de l’Enfer. Ils découvrent « des foules douloureuses pour qui il n’est plus de félicité ». Pleurs, soupirs, gémissements et cris de désespoir résonnaient dans l’air sans étoiles ». Une foule si innombrable moissonnée par la mort se pressait derrière une bannière. Ces malheureux, nus, étaient assaillis par des guêpes et des taons. Les pleurs et le sang de leurs blessures mélangés abreuvaient les vers rampants à leurs pieds.

Au bord de l’Achéron (détail gauche)

Dans ce troisième Chant, pour leurs châtiments, le poète place ces âmes tièdes, égoïstes et paresseuses qui vécurent sans vertus et sans vices dans le vestibule de l’Enfer. Dans cette attente infinie, elles ne seront jamais reçues ni au Paradis, ni en Enfer. J’ai voulu retrouver dans cette multitude, les foules incohérentes des manifestations humaines. Dans ce grand paysage allongé sombre, j’ai placé des taches dans lesquelles les personnages se confondent dans une cohue  indescriptible. Chaque fois qu’un visage apparaissait  trop descriptif, je détruisais cette image la forçant à s’incorporer à l’unité du paysage sous une forme moins souhaitée, moins consciente.
La poètique de la scène se scellait à l’unité plastique de la peinture.


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2 commentaires pour Au bord de l’Achéron – Les âmes tièdes

  1. Vincent Fregeai dit :

    Bonjour Jacques, depuis si longtemps nous ne nous étions pas vus, je ne connaissais pas ton cheminement mystique ou plutôt si mais pas au point de savoir où il t’a conduit aujourd’hui….. Avec le regard du coeur, je vois dans cettepeinture une forme d’accomplissement de ton art qui m’ébranle et m’émeut profondèment. En lisant ton texte qui illustre ta peinture et la façon de la réaliser, je me prends à imaginer ce que la poésie d’un Lautréamont, notamment les « Chants de Maldoror » pourrait prendre forme picturale grace à ton talent, ton coeur et ta technique magistrale…. Dès que mon emploi du temps me l’autorise, je viens te voir! Je t’embrasse vieux frère.

  2. Vincent Fregeai dit :

    Jettes un coup d’oeil stp sur les fresques de l’Abbaye de Fontfroide (11), sur le site de l’abbaye : je vois une parenté entre ce travail d’Odilon Redon et ton Achéron, dis-moi ce que tu en penses!

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