Chroniques oussonnoises

Hubert Dussoulier ousson ?

Monsieur Hubert Dussoulier, menuisier

Quelques histoires oussonnoises

Les anciens d’Ousson, quand la télévision n’existait pas encore, passaient souvent leurs soirées à se rendre visite. En tant que vignerons leur lieu de réunion était tout choisi. A cette époque fraternelle, la cave devenait l’endroit des confidences où tout pouvait se raconter. Il y avait bien trois bistrots qui réunissaient les joyeux convives mais c’était surtout sous leur maison que s’élaboraient les causeries qui plus tard seraient contées dans ces petits établissements dotés de billard et de tables consacrées au jeu de belote.

Ainsi le soir, après le rude travail des champs et de la vigne, la cave la plus accueillante devenait une source poétique du moindre fait divers vécu. «é  ch’tit verre éd’ blanc » devenait la potion magique qui libérait les langues. J’ai bien connu dans ma jeunesse quelques réunions mais « parigot » , je ne ressentais pas cette convivialité « cavernale ». Quand plus tard j’habitais une maison rue de la Loire près du p’tit Maurice, j’eus souvent l’occasion de descendre dans sa cave et partager un p’tit canon. J’ai découvert dans ces formes de relation une sagesse sociale et des conversations mêlées du quotidien et de réflexions pleines de bons sens et d’humour.

J’étais toujours à l’écoute notant les bons mots souvent atrophiés dont je riais au sortir de la pénombre.

C’est l’ancien menuisier d’Ousson, fils du charron, Hubert Dussoulier qui ne manque pas de verve et possède un accent du terroir appréciable qui m’a raconté ces petites histoires des gens du pays. L’humour bien particulier et typique de la région du Haut Berry ne froissait jamais les personnages mis en cause qui tous possédaient un sobriquet évoquant leurs attitudes caricaturales,  actions, litanies, bons mots, événements ou faits de guerre. Chacun portait son tribut institué par la collectivité , avec plus ou moins de tolérance. Ces sobriquets se transmettaient de génération en génération, situant l’ensemble et le caractère plus ou moins reconnaissable d’une famille. Ils permettaient de différencier  un groupe familial, des homonymes du village.

J’ai moi- même bénéficié d’un surnom qui m’avait été donné par Monsieur Gateau dit « La Galette » qui habitait la Poncette. Il ne manquait jamais de me le rappeler à chaque rencontre quand je partais travailler au motif. Judicieusement et sans hésitation, il avait cerné un trait de mon caractère qu’il  traduisit  par  « La Coquille ». Bien entendu, c’est peut être à celle de Saint Jacques qu’il faisait référence. Je ne pus m’empêcher de penser que cette appellation tombait juste et s’adaptait parfaitement. Dévoilé, je me gardais de répéter ce pseudonyme que cependant j’appréciais par sa pertinence.

Je consacrerai un peu plus tard, dans les chroniques Oussonnoises une partie sur la vie du village autrefois, illustrée par les premiers clichés photographiques des fêtes , coutumes et des différents sobriquets.

Aujourd’hui, je relaterai de petites histoires que j’ai entendues dans l’atelier de menuiserie d’Hubert. Sa mémoire étonnante et l’amitié partagée de longues années m’ont incité à publier ces  belles anecdotes et les histoires qui se colportaient sur certains bons mots et histoires oussonnoises.

Devant le café français au début du siècle dernier Devant le café français au début du siècle dernier 
 

L’histoére des rats

Un jour Monsieur Pechery dit Bicioune remontant de sa cave, entreprit sa femme Zoé sur sa grousse bonbonne de goutte qui  venait d être distillée à l’alambic et qui ne devait pas être bouchée.

– Dis donc Zoé, c’est y pas toi qui boé ma goutte? Il en manque

dans la bonbonne.

– Tu sais ben qu’j’en boés pas.

– En tout cas ma bonbonne és’vide.  J’saurai ben qui qui la boét, j’vas guetter.

Quelques jours plus tard remontant de la cave essoufflé, il dit à Zoé ….

– Eh ben ça y’ est, j’sais qui qui boét ma goutte. Tu veux l’savoér ?   – — Eh ben c’est les rats !!!

– Tu te fous pas un peu de moé ?

– Eh  ben, j’te l’dis… y’en avait un qu’était monté l’ long du goulot et qui trempait sa queue dans la bonbonne…. Et pis les autres, à tour de rôle i yu sucaint la queue….

L’histoére de Fortune le maçon

Valentin, dit Tintin parle un jour à sa femme Clémence de faire venir le pé Fortune pour lui demander de faire un mur.

– Ah ben non, tu vas pas l’faire venir dans la maison, y crache pal’tout.    L’pé Fortune était un gros fumeur de pipe.

– J’vas lui demander ed passer dimanche après la messe.

Dans la s’maine rencontrant l’pé fortune, Tintin lui d’mande dé v’nir chez lui pour lui montrer l’travail.

Dimanche, comme convenu Fortune se rend chez Tintin. Clémence lui ouvre la porte et lui tend une chaise.

Marci bin ! Il s’assoét dans un coin de la cuisine sans quitter sa pipe. Au bout d’un p’tit moment, c’qui devait arriver arrive, mon Fortune, i’ crache par terre !

Clémence qui voét ça, arrive avec une bassine qu’elle place à sou couté. Mon Fortune voyant c’te bassine crache de l’out’couté .

Alors Clémence prend la bassine et la change de place.

Fortune voyant la bassine déplacée avertit Clémence : T’entends ben Clémence, si tu me r’mets c’te bassine à mou couté, eh ben j’crache dédans…..

 

L’histoére des trois coqs.

Dans le haut du pays y ‘avaient des poulaillers. Y’avaient des coqs qui chantaient. L’premier, chez Gaston Loiseau dit l’moéniau, l’coq y chantait tous les matins et y disait:

– « Cheu nous y’a d’l’argent »

Celui d’chez Dominique Loiseau un voisin, y répondait :

– « Cheu nous y’en a ben autant »

Chez Péchery dit Bicioune l’coq y répondait :

– « Cheu nous, tout est ripé ».

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Une fête de Saint Vincent à Ousson sur Loire

L’histoére de Défunt Adrien.

Au moment de la guerre de 40, Monsieur Imbault dit Bourbaki avait rencontré l’maire Monsieur Deleau ; comme celui- ci demandait s’il avait des nouvelles de son fils Adrien à la guerre, monsieur Imbault lui répondit :

– « Ahh mon pouv’ vieux, on n’a pas d’nouvellle.. ..Il est sans doute ben mort… »

Cette réponse valut à Adrien prisonnier qui revint plus tard le sobriquet de «  Défunt Adrien ».

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Recettes Oussonnoises 

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4 commentaires pour Chroniques oussonnoises

  1. Edwin K. dit :

    Une tres belle addition au Journal! Bonnes fetes et a tres bientot!

  2. Joel Brule dit :

    Salut Jacques,

    dis voer’: au premier rang sur la photo de la fete de St-Vincent, j’ai l’impression de reconnaitre mon grand-pere Andre. Qu’en penses-tu? On pourra en parler debut Mars :).

    A+, joel

    • ousson dit :

      Je t’attends ok Joel
      Celui qui est assis? Je pense à un Godon quand à l’autre Un petit enfant de celui qui habite actuellement La Poncette??….. Excuse moi le nom me manque….Villepelet

  3. ousson dit :

    Peut être celui qui est à droite debout?
    ps rectification Villepelet, un de ses petits enfants habite La Poncette.

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